Mercredi 20 mai 2009 3 20 /05 /Mai /2009 23:21

Et si cette première nuit n’était pas elliptique…Bella et Edward sont dans l'eau qui entoure l'île 'Esméé. Cet extrait est à insérer au moment où S. Meyer choisit de faire l'impasse sur la première nuit tant attendue d'Edward et Bella. Voici le point de vue de Bella pour situer la scène. Le point de vue d'Edward suit juste après.

 

                Ses bras se refermèrent autour de moi, me pressant contre lui. J’eus l’impression que chacun des nerfs de mon corps était un fil électrique.

- A jamais, renchérit-il.

                C’était la première fois que je me trouvais nue devant lui et contre lui. Sa peau froide était un soulagement dans la moiteur ambiante et je posai ma joue contre son torse lisse. Aucun battement ne vint bercer mon oreille mais je sentis sa respiration saccadée et nerveuse, manifestation évidente de l’obsession qui l’habitait : ne pas me faire de mal.

                Je penchai mon visage en arrière pour le contempler sous la lumière vespérale du clair de lune et tentai de capter son regard pour le rassurer et lui faire partager l’envie qui me dévorait. Me hissant sur la pointe des pieds, je posai mes lèvres sur les siennes aussi tendrement que j’en étais capable à cet instant alors qu’un désir violent commençait à poindre dans tout mon être.

                Edward répondit à mon baiser doucement mais sa bouche me parut trop sage. Ses bras s’évertuaient à ne pas m’enserrer  brutalement, me laissant ainsi beaucoup trop libre de mes mouvements. M’agrippant à ses épaules lisses, je forçai ses lèvres à s’animer contre les miennes, impatiente de sentir son souffle mélangé au mien. Ma main glissa à la naissance de son cou cherchant à l’attirer plus avidement contre moi. Sa position défensive s’ébrécha peu à peu et il me rendit lentement ce premier baiser entrouvrant sa bouche pour effleurer ma langue, contact nouveau qu’il s’était interdit jusqu’alors. Je savais à la tension de ses muscles et à la façon dont ses mains agrippaient ma taille quel effort cela représentait pour lui puisque son venin aurait pu me tuer à tout moment.

                Mais mon esprit n’était déjà plus en état de réfléchir sereinement au danger et aux craintes d’Edward et je l’entraînai sournoisement vers la fin de toutes ses appréhensions. Mon désir fiévreux, les soupirs tendres que je n’arrivais plus à retenir et le contact tiède de ma poitrine haletante eurent raison de ses dernières réserves : sa langue se fit plus entreprenante et ses mains froides remontèrent doucement jusqu’à mes seins.

                Je sentais distinctement pour la première fois son désir d’homme, plus fort encore que ses envies anciennes et réfrénées de goûter à mon sang. Edward avait lutté contre deux démons, obtenant la victoire sur sa nature vampirique mais s’abandonnant désormais aux troubles du désir physique. Mes craintes quant à l’impossibilité d’un rapprochement charnel entre nous deux n’étaient plus qu’un souvenir : il me désirait, tout son corps en témoignait et nous étions faits l’un pour l’autre.

                Ses yeux se posèrent enfin sur moi et je vis dans son regard sombre un feu dévorant mêlé d’une dernière expression suppliante. L’appel qu’il lut sur mon visage lui arracha un sourire triste et résigné et le feu s’alluma plus intensément encore dans ses pupilles.

                Edward fit glisser ses mains le long de mes cuisses et me souleva lentement contre lui pendant que j’enroulais mes jambes autour de ses reins. Le contact de son corps fut si tendre dans l’eau dormante qu’aucun remous ne se fit sentir autour de nous. Je tentai d’étouffer un soupir de bonheur trop longtemps contenu dans ma poitrine mais en vain. Cela fit naitre un sourire sur les lèvres d’Edward dont le regard incandescent ne reflétait désormais que fierté et plénitude. Chaque mouvement de son corps contre le mien, chaque tendre va-et-vient de ses reins contre mon ventre était une nouvelle révélation de l’entente fusionnelle de nos êtres.

                Alors que le plaisir commençait à envahir chaque parcelle de ma chair, je sentis Edward se figer à nouveau, ses bras desserrant leur étreinte et ses yeux se levant désespérément vers le ciel étoilé.

                N’en finirait-il jamais de douter et de se contenir ? Quand abandonnerait-il ses réserves pour être mien éternellement ? J’aurais voulu en cet instant précis que la chair l’emporte sur la raison mais j’avais à faire à un être aux désirs complexes, s’obligeant instinctivement depuis trop longtemps à toutes sortes d’abstinences.

                Je caressai la courbe de son cou, sa mâchoire serrée par le nouvel effort qu’il s’imposait et lui murmurait des mots tendres et suppliants cherchant à ramener son regard vers moi.

- Edward, ne me laisse pas. Je t’aime. Serre-moi, plus fort. C’est notre nuit…

                Face à ce visage impénétrable et contre ce corps immobile, une sorte de rage impuissante me saisit et dans un effort ultime, je contractai tous mes muscles pour saisir sa nuque et l’obliger à me regarder. Ce mouvement qu’il sentit sans doute plus sensiblement là où son corps et le mien ne faisaient plus qu’un eut un double effet : un long frisson parcourut sa colonne vertébrale et il me fixa soudainement de ses prunelles totalement noires. Ses lèvres tremblaient et découvraient ses dents blanches et vénéneuses. Un grondement sourd s’étouffa dans sa gorge et ses bras m’enserrèrent plus fort que jamais. Cherchant ma bouche avidement, il oublia toutes ses réserves et je sentis sa peau gelée se coller plus sûrement contre la mienne.

                Cette douce brutalité attisa mon amour pour lui et, attentive à la montée inexorable du plaisir qu’il me procurait, je sentis à peine que nous quittions la mer tiède pour traverser la plage à une vitesse inhumaine, et que nous pénétrions dans la maison où Edward heurta plusieurs obstacles tout en me protégeant possessivement. La fin de cette course folle le plaqua contre moi sur le lit immense de la chambre blanche où mon cœur éclata au bruit des soupirs et des gémissements partagés. Au comble du bonheur et dans l’apaisement difficile de mes sens, je cherchai les yeux d’Edward mais son visage était enfoui dans mon cou et je sentis juste son souffle presque tiède contre mon oreille avant de plonger dans une heureuse inconscience.

 

                 Le soleil, brûlant sur mon dos nu, me réveilla au matin.

Par mélisandre - Publié dans : nuits d'Edward et Bella
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Commentaires

Ouah, j'adore ! C'est hyper bien écrit contrairement au autres histoires que j'ai pu voir sur des blogs ou autres !
Commentaire n°1 posté par Marion le 20/06/2011 à 23h06
Magnifique!!!,Splendide!!!,juste ce qu'il manquait dans le livre.C'est vrai que sans trop entrer dans les détails,elle pouvait détailler un peu plus cette nuit de noce inoubliable.Un grand merci a l'auteur de ce texte.
Commentaire n°2 posté par roxane le 21/02/2010 à 16h41
et merci à toi!
Réponse de mélisandre le 24/02/2010 à 21h49

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