Partager l'article ! Révélation chap 7 partie 2: La faune de cette région tropicale était très différente de celle du pacifique nord et je compris le goût des ...
La faune de cette région tropicale était très différente de celle du pacifique nord et je compris le goût des humains pour les nourritures exotiques. Le sang de mes proies était épicé et d’une texture un peu plus fluide que le sang épais et doux des pumas de Forks.
Il me fallut quelques heures pour me rassasier : je mangeai sans doute plus que de raison afin de rester auprès de Bella sans avoir à m’absenter trop tôt.
En revenant vers le bateau, je passai une main dans mes cheveux afin de reprendre en quelque sorte visage humain. Je tapotai machinalement ma chemise et mon pantalon de toile restés immaculés malgré les courses poursuites auxquelles je m’étais livré.
Une étoile filante divisa le ciel juste au dessus de moi et je fis le vœu d’un bonheur éternel aux côtés de Bella, en pesant bien le sens d’une telle espérance.
Le spectacle qui m’attendait sur la plage m’arracha brutalement à mes pensées romantiques : un grand oiseau blanc, dont le plumage reflétait la lumière froide de la lune, agonisait en silence, seulement secoué par des soubresauts de douleur dont je ne distinguais pas la cause. Ses ailes repliées cachaient une blessure profonde sous le ventre.
Cette vision me causa un malaise intense d’autant plus que de petits charognards volants commençaient à se rassembler autour de l’oiseau. Ils étaient si avides de ce sang répandu qu’ils m’attaquèrent de front. Un grognement suffit à les éloigner mais quand je baissai les yeux, l’oiseau était mort, la tête renversée sur le sable souillé.
Je pris le temps de l’enterrer, je ne sais pourquoi. Sa beauté fragile m’avait touché de façon intime et irraisonnée. Lorsque j’embarquai, mes vêtements étaient poisseux et mes idées nettement moins optimistes qu’une heure auparavant. La vitesse du bateau me semblait limitée tant le désir de retrouver Bella me taraudait.
Je coupai le moteur à l’approche de l’île et attachai l’embarcation. Il faisait encore sombre car le soleil commençait seulement à poindre à l’est, peignant d’une nuance orangée la limite entre le ciel et la mer. La villa était toute éclairée et les fenêtres avaient été ouvertes dans chaque pièce.
Je me précipitai à l’intérieur, un mauvais pressentiment au ventre. Bella était endormie sur le canapé du salon, en position fœtale. Sa peau pâle était couverte d’une sueur glacée : elle avait dû souffrir de la chaleur au plein cœur de la nuit et ne se rendait pas compte de la fraîcheur du matin. La veilleuse du téléviseur était allumée mais le film était terminé depuis longtemps, laissant un écran noir et silencieux.
Je couvris Bella qui frissonnait à présent et éteignis toutes les lampes autour d’elle. Avait-elle eu peur du noir tout d’un coup ? Même les spots de la cuisine brillaient et envoyaient leur lumière froide sur le plan de travail et les restes d’un repas. Bella s’était levée pour manger ! Elle était incorrigible. L’odeur m’étonna car elle s’était préparé de la viande, ce qui n’était pas dans ses habitudes.
Je lavai l’assiette sale, geste bien nouveau pour moi, et remis la pièce en ordre car tout avait été bousculé, jusqu’au frigidaire qui restait entrouvert : Bella voulait-elle tester mes aptitudes à tenir une maison ? La vie chez son père lui avait pourtant appris à être organisée et ordonnée. Ma vie de vampire me préservait de toutes ces basses préoccupations et pourtant elles avaient un certain charme pour moi, sans doute un peu désuet.
Dans la chambre, je me débarrassai de mes vêtements et me lavai rapidement car mes cheveux étaient poissés par le sel de la mer. J’avais également besoin d’éloigner l’image de l’oiseau mort et des chauves-souris sanguinaires qui devaient déjà l’avoir déterré. Même avec du recul, je notais qu’il m’était toujours difficile de retrouver dans le règne animal le reflet de ma condition.
J’enfilai un jean et un tee-shirt propres et partis retrouver Bella. Elle était maintenant brûlante sous le plaid qui la recouvrait. J’écartai toute étoffe et me glissai sous sa tête que je caressai de ma main rafraîchissante. Son parfum avait encore sensiblement changé comme si les essences florales qui la caractérisaient prenaient de la maturité.
Plusieurs heures passèrent avant que Bella ne se réveille et ce n’est qu’aux alentours de midi qu’elle s’aperçut de ma présence. Je sentis tout d’abord son soulagement puis une douleur intense sembla lui vriller le ventre, couvrant à nouveau son front de sueur.
- Je suis désolée, Bella, murmurai-je en essayant de l’apaiser. Je n’ai pas été très consciencieux. Je n’ai pas pensé que tu aurais si chaud. La prochaine fois, je ferai installer la climatisation avant de te quitter.
- Excuse-moi ! me coupa-t-elle avant de se débattre pour que je la libère.
Son corps engourdi mit toutes ses forces à échapper à mon étreinte et je restai impuissant, l’air ahuri, sur le canapé.
- Bella ?
Elle se précipitait déjà vers la salle de bain où je la suivis par reflexe. Accroupie devant les toilettes, elle vomit incoerciblement son repas nocturne.
- Que se passe-t-il, Bella ?
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