Partager l'article ! première nuit vampirique 3: Nous traversâmes le salon pour emprunter un petit couloir. Esmé avait commencé la décoration pendant que nou ...
Nous traversâmes le salon pour emprunter un petit couloir. Esmé avait commencé la décoration pendant que nous étions sur l’Ile, pensant que cette maison serait notre unique préoccupation à notre retour. Or, les choses avaient pris une toute autre direction et l’arrivée de Bella enceinte jusqu’au cou après trois semaines de grossesse avait différé la fin du chantier. Je m’arrêtai devant une pièce vide ajoutée quelques semaines auparavant.
- Voici la chambre de Renesmée. Ils n’ont pas eu le temps de s’en occuper vraiment, avec ces loups-garous furibonds…
Elle rit. Tout n’était peut-être pas perdu. Je constatai cependant avec dépit qu’il était bien plus facile pour moi de sentir le trouble de Bella lorsqu’elle était humaine : son cœur battait plus vite, ses joues rosissaient et sa respiration saccadée me donnait un pouvoir inimaginable. Elle doutait à cette époque de mon amour et de mon désir, ce que je comprenais à présent : aucun signe d’émotion ne semblait émaner d’un vampire. Je la tenais contre moi depuis plusieurs minutes et je n’avais pas la moindre idée de ce qu’elle ressentait. Peut-être rien.
- Et voici notre chambre. Esmé a tenté d’y insuffler une touche de son île. Elle avait deviné que nous nous plairions là-bas.
La pièce ressemblait par une multitude détails à la chambre blanche de l’île, la chambre de notre première nuit où j’avais expérimenté mes limites et où, vraisemblablement, nous avions conçu Nessie. Cela restait pour moi un souvenir complexe où se mêlaient le désir et la peur, l’amour et la violence, le plaisir et la perte de contrôle. Mail il en avait résulté la plus jolie créature que le monde n’ait jamais portée.
A quoi pouvait songer Bella ? Ses souvenirs humains restaient-ils présents ? Sa transformation avait été si violente que je ne m’étais pas interrogé sur ses sensations et le poids de notre histoire dans sa nouvelle existence. Pour ma part, je ne me souvenais qu’à peine de ma famille humaine et je ne peux pas certifier que je ne me serais pas jeté sur mon père ou ma mère au lendemain de ma mutation.
Se souvenait-elle de son trouble dans mes bras, de sa sensualité, de nos chuchotements ? Son caractère inchangé me portait à croire que tout était possible mais son esprit restait obscur, plus encore parce que les manifestations physiques de ses émotions avaient disparu.
J’abaissai mon regard sur elle et constatai qu’elle avait en l’occurrence gardé un respect exemplaire pour les vêtements et une grande préoccupation de son allure. Alice ne lui prêterait plus aucune robe ! Elle avait bien fait de remplir le dressing car de nombreuses tenues seraient nécessaires après des parties de chasse comme celle d’aujourd’hui. L’idée d’une Bella déchirant à tout-va les tenues griffées d’Alice me réjouit et dessina un large sourire sur mes lèvres.
- Le dressing est situé derrière ces portes doubles, annonçai-je comme si c’était la nouvelle du siècle, mais je te préviens : il est plus grand que cette pièce.
Bella avait peut-être envie d’échanger le reste de robe qui la couvrait à peine contre des vêtements amples et confortables, mais il était peu probable qu’Alice ait laissé trainer dans un coin un vieux sweat distendu.
Je m’apprêtais à libérer Bella de l’emprise de mes bras quand son regard tourné vers moi me retint : ses yeux avaient changé de couleur mais leur expression ne me trompa pas.
- Nous dirons à Alice que je me suis précipitée sur les vêtements, chuchota-t-elle en glissant ses doigts dans mes cheveux pour attirer mon visage vers elle. Nous lui dirons que nous avons joué à nous déguiser pendant des heures. Nous lui mentirons.
Les mots entraient lentement mais assurément dans mon esprit : je revis la Bella séduisante dans son déshabillé de dentelles noires lors de notre deuxième nuit, une Bella sensuelle et envoûtante qui m’avait fait rendre les armes.
Comme si mon corps n’attendait que ce signal pour perdre le contrôle, je me jetai sur sa bouche et l’embrassai presque férocement, donnant à ce baiser une force désespérée après des mois d’abstinence, où j’avais cru la perdre.
Puis je me souvins qu’il n’y avait plus aucun danger sinon celui de me faire molester par ma propre femme, ce qui attisa un peu plus mon désir de masochiste diplômé et m’arracha un gémissement sourd. Je mêlai ma langue à la sienne avec la même soif, retrouvant les sensations qui me manquaient tant.
La robe bleue, déjà bien fatiguée, n’eut pas meilleur destin que le déshabillé noir que j’avais arraché sans pitié. Maintenant ma bouche collée à celle de Bella, je fis glisser son corps contre moi jusqu’à ce que ses pieds touchent le sol. Je parcourus rapidement son dos en refermant ma main sur le tissu et tirai d’un coup sec : la robe tomba par terre, définitivement inutilisable.
Bella s’écarta un peu de moi et me regarda curieusement comme si elle avait l’air choqué de ma sauvagerie. Elle attrapa alors l’encolure de ma chemise pour me raisonner. Je me figeai un peu penaud, en cherchant une expression sur son visage.
-Vous avez besoin qu’on vous calme un peu, monsieur Cullen.
Ses yeux brillèrent et en un éclair, elle fit sauter tous les boutons. Le fin coton de la chemise ne résista pas et tomba en lambeaux sur le parquet, tandis que Bella parcourait déjà mon torse de baisers fiévreux, glissant de ma poitrine jusqu’à mon ventre.
Immédiatement, ma ceinture fut défaite et claqua dans l’air avant d’atterrir dans un coin sombre de la chambre. Bella semblait manifestement beaucoup s’amuser de ses nouveaux pouvoirs. Sa bouche parcourait maintenant ma peau juste au dessus de mon pantalon et je sentis ses dents agripper le haut du tissu. Parce que tout allait trop vite, même pour mes sens aiguisés, j’eus un reflexe de pudeur, en ramenant Bella vers moi.
Ce geste, je l’avais déjà fait mais à un moment où des émotions trop fortes m’auraient conduit à blesser Bella. Je m’étonnai d’être encore si prude à présent, constatant que ma nature réservée – pour ne pas dire coincée – n’était pas uniquement liée à des soucis de sécurité mais à un caractère ténébreux qui m’avait permis d’attendre Bella pendant près d’un siècle. Elle aurait bien le temps désormais de m’apprendre ses idées délurées, ce qu’elle était d’ailleurs en train de faire.
Avec un regard de défi, elle me poussa contre le mur en employant une telle force que j’en fus à moitié assommé, se jeta littéralement sur moi et arracha d’un seul coup le reste de mes vêtements.
Nos bouches continuaient à se mêler, échangeant leur souffle. Bella maintenait mon cou comme dans un étau et bondit contre moi, calant ses jambes sur mes hanches. Je glissai mes mains le long de son dos et rencontrai la dentelle bleue d’un shorty qu’Alice pourrait également pleurer le lendemain. Pivotant sur moi-même, je plaquai Bella contre le mur, glissai mes doigts sous le tissu et le déchirai des deux côtés. Mes mains cherchaient à reconnaitre les formes oubliées, la rondeur d’une cuisse, la fermeté du ventre, la douceur des seins. Sous chacune de mes caresses, Bella soupirait d’une façon nouvelle : soit je n’avais pas été aussi doué lors de notre première nuit, soit sa nature vampirique décuplait ses sensations.
La réponse me fut donnée lorsque je me penchai pour embrasser sa poitrine : ma langue avait à peine effleuré la peau plus sombre qu’elle poussa un cri de plaisir. Je continuai le jeu quelques instants, m’amusant à attiser son désir. Elle m’arrachait les cheveux à chaque frôlement, incapable de contrôler sa force.
Revenant vers sa bouche, je rencontrai son regard sombre et totalement submergé par la violence des émotions. Je caressai sa joue du bout de mon index pour l’apaiser tandis que mon ventre se plaquait contre elle tout en douceur. J’emprisonnai ses yeux afin de lui donner la force de résister à la frénésie de ses instincts. Mes mains se refermèrent sur ses hanches pour la maintenir voluptueusement sous les tendres assauts de mon corps.
Bella serrait les dents entre chaque gémissement et labourait mon dos de ses ongles aiguisés. La douleur me força à la lâcher un instant et à l’éloigner. Mais elle prit cela pour un jeu, à mon plus grand plaisir d’ailleurs, et, me poussant au milieu de la pièce, se jeta sur moi sans précaution, si bien que je m’écroulai sur le plancher.
Elle bougeait avec une telle vitesse que je savais à peine à quel endroit elle allait m’atteindre et quelle sensation allait me submerger. Mais elle, de toute évidence, le savait car, très vite, mon corps fut secoué de soubresauts délicieux comme si des milliers de mains et de bouches, rivalisant de caresses et de baisers, s’ingéniaient à me donner du plaisir. Mon cœur éclata trop vite pour que je puisse retenir quoi que ce soit et Bella arrêta son visage au-dessus du mien avec un air de triomphe.
Sans attendre, je la fis rouler sous moi et lui prodiguai le même traitement, sans doute plus lentement mais de manière tout aussi efficace. Elle maintint ma tête contre son ventre et enroula ses jambes autour de mon cou de façon si étroite que, quand son buste se cambra sous l’effet du plaisir, nous fîmes un bond d’un demi-mètre vers le lit.
Nous rîmes en nous enlaçant tendrement : j’étais totalement transporté par l’excès d’amour, de tendresse et de volupté que nous pouvions partager. Etait-il possible de vivre une fois dans sa vie une telle expérience ? Et ce serait éternel pour nous.
Nous nous embrassâmes à nouveau, plus doucement cette fois, attentifs à la montée d’un désir toujours renouvelé. Ma langue dessina le contour des lèvres de Bella, comme j’en avais rêvé quand elle était humaine. Naturellement, nos corps se trouvèrent et se mêlèrent. Bella entoura mes épaules de ses bras et cacha son visage dans mon cou, soupirant des mots d’amour désordonnées contre mon oreille. Mes mains caressèrent sa peau puis se posèrent sur le sol pour me donner une plus grande liberté de mouvement. Nous fîmes l’amour dans une égalité parfaite, sans aucune fatigue ni lassitude. Et surtout sans peur, ni retenue.
Je réalisai que mes nuits en solitaire étaient désormais derrière moi. Depuis quelques années, elles étaient un peu différentes car j’observais Bella dans son sommeil ou la tenais dans mes bras mais cette nuit-là était la première du reste de notre vie.
En posant mes lèvres dans les cheveux de ma femme, j’imaginai la fin d’un roman qui raconterait notre histoire : « Ils se marièrent, eurent un seul enfant, et vécurent heureux des siècles et des siècles… en profitant pleinement de leurs nuits », comme quoi les histoires de vampires peuvent finir en contes de fées.
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