Partager l'article ! première nuit vampirique: Alice vient d’accompagner Edward et Bella devant leur nouvelle maison et s’apprête déjà à partir. ...
Alice vient d’accompagner Edward et Bella devant leur nouvelle maison et s’apprête déjà à partir.
- Tu n’entres pas ? demanda Bella.
- Edward connait les lieux, répondit Alice d’une voix enjouée, en me faisant un clin d’œil. Je passerai… plus tard. Fais-moi signe si tu n’arrives pas à assortir des vêtements. Jasper m’attend pour chasser. A plus !
Sur ces derniers mots, Alice s’envola littéralement pour quitter le cottage rapidement, non sans avoir glissé une pensée à mon intention.
Passe une bonne nuit, Edward !
Pas besoin de chercher loin pour comprendre le ton malicieux que ma sœur avait cru bon d’adopter et dont Jasper ferait des gorges chaudes pendant toute leur partie de chasse. Emmett allait sans doute, avec son élégance habituelle, en remettre une couche tout en distinction dans la foulée. Je soupirai discrètement, n’arrivant pas à prendre à la légère les récents événements et le nouvel état de Bella.
- Bizarre, commenta-t-elle après le départ d’Alice. Suis-je aussi méchante ? Ils auraient pu venir. Maintenant, je me sens coupable. Je ne l’ai même pas remerciée correctement. Nous devrions y retourner pour dire à Esmé que…
Je souris intérieurement à l’idée que la transformation de Bella n’avait pas rendu son cerveau plus perspicace quant aux manigances de ma sœur.
- Ne sois pas bête, Bella. Personne ne s’offusquera, la rassurai-je en m’interrogeant encore sur son étrange attitude.
Comment pouvait-elle se préoccuper de politesse et des sentiments d’autrui alors que son esprit aurait du être embrumé par des instincts primaires et violents ?
- alors, pourquoi…
Je ne savais plus vraiment quelle attitude adopter devant son apparente naïveté : peut-être que ses nouvelles facultés occupaient tout son être et qu’elle n’éprouvait pas le désir de retrouvailles plus intimes, sinon elle aurait compris les allusions d’Alice et se serait réjouie de l’opportunité qui s’offrait à nous.
Je m’étais préparé à cette fatalité en sachant qu’elle durerait un certain temps, le temps du moins que Bella atteigne une maturité raisonnée, ce qui chez les miens, pouvait prendre quelques décennies. Pour être honnête, je m’étais préparé à contenir les excès d’une adolescente ingérable qui aurait sans doute oublié qu’elle était ma femme.
Mais Bella était imprévisible en humaine comme en vampire et la sentir près de moi, en la sachant si mûre déjà, écorchait mes sombres prédictions. Elle m’avait montré par ses baisers et ses regards combien sa transformation avait peu altéré l’amour qu’elle me portait, ce qui me laissait le droit d’espérer. Je choisis de lui répondre honnêtement sur les intentions louables de ma famille. Et d’attendre sa réaction.
- Un peu de temps à nous, seuls, c’est leur deuxième présent. Alice essayait d’être subtile.
- Oh !
Le visage de Bella se transfigura sous l’effet de cette annonce, comblant mon cœur hésitant d’un bonheur sans limite. Tout était différent et pourtant rien n’avait changé dans les liens qui nous unissaient. C’est presque timidement que je pris sa main pour la mener vers la maison. Nous avions droit à une seconde lune de miel.
- Permets-moi de te monter leur travail, lui-dis-je en l’entrainant derrière moi.
Le contact de sa main désormais tiède me ravit secrètement. Une sorte de libération délicieuse s’empara de mon corps habitué à lutter contre tous ses instincts. L’odeur de Bella ne provoquait plus chez moi cette souffrance omniprésente et son cœur éternellement silencieux laissait un peu de répit à mes sens. Mon désir était neuf lui aussi, violent, dévorant mais sans appréhension.
Bella me suivait, bien que son corps ne semblât pas lui obéir totalement : elle faisait de petits sauts incontrôlés puis tentait de reprendre pied en ralentissant. Nous ne parcourûmes que quelques mètres pour arriver devant la maison mais cela suffit pour qu’elle broie ma main entre ses doigts diaphanes d’apparence si fragile. Les rôles allaient être inversés cette nuit : avec un peu de chance, c’est elle qui détruirait le lit et moi qui aurais les cheveux couverts de plumes.
Le rire de Bella interrompit le fil déjà bien déroulé de mes fantasmes. Je me sentis pris en faute comme si elle avait lu dans mes pensées. L’idée qu’elle avait peut-être développé un don particulier en se transformant m’avait effleuré et pour la seconde fois aujourd’hui, j’y songeai avec curiosité. Carlisle, à qui j’en avais parlé, pensait que la nature de son don était très particulière. Mais si Bella cumulait un certain nombre de pouvoirs et se mettait à deviner l’avenir ou à entrer dans l’esprit de ses interlocuteurs ? Cela me déplut immédiatement car je savais que cela serait synonyme de souffrance pour elle. Et je n’avais absolument aucune envie qu’elle lise en moi comme un dans un livre ouvert. C’était certes totalement hypocrite puisque je cherchais moi-même depuis plusieurs années à deviner ses émotions et ses peurs. Mais c’est aussi parce que je n’y arrivais pas que je la trouvais si captivante.
Et captivante, à cet instant, elle l’était particulièrement ! L’état catastrophique de la robe bleue ouverte ça et là sur sa peau blanche et veloutée participait d’ailleurs activement à attiser l’intérêt que je lui portais. Si elle lisait dans mon esprit, elle ne serait pas déçue ! Mais son rire m’intriguait.
- Tu partages la plaisanterie avec moi ? Demandai-je en espérant que mes pensées étaient restées cachées.
- Elle n’est pas terrible, répondit-elle avec bonne humeur en s’approchant de la porte du cottage.
Donc pas d’intrusion dans ma tête, pensai-je avec soulagement, car mes idées quelque peu déplacées n’auraient pu la laisser de marbre - enfin, je l’espérais !
- Je me disais seulement, continua-t-elle, qu’aujourd’hui était le premier et le dernier jour de l’éternité. J’ai un peu de mal à appréhender le concept. En dépit de mon nouveau cerveau.
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