Partager l'article ! Révélation chap 7 partie 6: Mon portable continuait à sonner dans le silence pesant qui s’était installé dans la chambre. Mon corps re ...
Mon portable continuait à sonner dans le silence pesant qui s’était installé dans la chambre. Mon corps restait figé mais c’est mon esprit cette fois qui lui imposait l’immobilisme comme si le fait de ne pas réagir allait ralentir le cours du temps.
Bella finit par s’agenouiller à côté de moi pour chercher le téléphone dans mes poches. Ses joues étaient marbrées de pleurs ce qui serra à nouveau l’anneau de culpabilité qui étreignait mon cœur.
- Salut Alice, réussit à articuler Bella avec une voix rauque qui ne tromperait pas ma sœur.
- Bella ? Bella ? Tout va bien ? cria-t-elle si bien que je n’eus même pas à deviner ses paroles.
Le fait qu’Alice appelle à cet instant prouvait au contraire que tout allait mal et que l’avenir s’annonçait particulièrement sombre.
- Oui. Euh… Carlisle est dans les parages ?
- Oui. Quel est le problème ?
Ma sœur ne devait pas en croire ses visions. J’avais senti que ses pensées nous espionnaient depuis quelques semaines mais plutôt de façon goguenarde, pour renseigner les autres sur mes prouesses d’homme marié. Rien n’aurait su l’inquiéter.
- Je…je ne suis pas…sûre… bafouilla Bella
J’entendis à distance le nom de Carlisle. Tous les membres de ma famille, sans doute alertés pas Alice, étaient présents autour d’elle mais silencieux. Leurs esprits cependant emmêlaient tout un lot de questions noyées d’angoisse. Même Emmett ne se permettait pas de penser aux blagues vaseuses qu’il préparait pour notre retour.
- Edward va bien ? demanda Alice. Pourquoi n’a-t-il pas décroché ?
Bella répondit qu’elle ne le savait pas. Alice retenait des pensées qu’elle ne voulait pas que je devine, mais sa concentration faiblissait sous l’effet de l’inquiétude : elle avait vu Bella malade et s’étonnait de l’entendre au téléphone. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi, contre toutes attentes, c’était moi qui manquais à l’appel.
- Que se passe-t-il Bella ?
- Qu’as-tu vu ?
Edward, si tu es là, je t’en prie, ne lis pas dans mes pensées. Les images sont imprécises et ne permettent pas de comprendre ce qui se trame. Mais quelque chose cherche à s’en prendre à Bella, quelque chose que je ne peux pas définir…
- Je te passe Carlisle, répondit-elle autant pour Bella que pour moi.
La sensation sécurisante d’avoir un père ne m’avait jamais autant touché qu’à cet instant. Carlisle savait tout, en particulier comment contourner les lois naturelles pour les faire pencher en sa faveur. Mais saurait-il retirer le poison déjà diffus ?
- Bella, bonjour, c’est Carlisle. Qu’y a-t-il ?
- Je… Je suis un peu inquiète pour Edward…Les vampires sont-ils sujets aux états de choc ?
De toute évidence, la réponse était oui !
- A-t-il été blessé, demanda mon père.
- Non, non, juste …surpris.
- Je ne comprends pas, Bella.
Et cela ne risquait pas de s’arranger avec les révélations que Bella s’apprêtait à faire. J’aurais voulu réagir et parler directement à Carlisle car un mince espoir me laissait encore croire à l’irréalité des faits. Mon père allait confirmer que Bella ne pouvait être atteinte que d’un mal tropical rarissime, selon un syllogisme sans appel : je ne pouvais pas procréer, or Bella n’avait fait l’amour qu’avec moi, donc elle n’était pas enceinte. C’est pourtant ce qu’elle croyait.
-Je crois…je pense que, bafouilla-t-elle…peut-être…je pourrais être… enceinte.
J’en étais encore à nier les faits quand un mouvement anormal déforma son ventre. Il y avait bien quelque chose sous sa peau, « quelque chose qui cherche à s’en prendre à Bella » avait dit Alice. De qui pouvait-elle être enceinte ? Sitôt posée, presqu’inconsciemment, cette question ranima les flammes de ma jalousie. Mais l’image furtive de Jacob ne me déstabilisa pas car Bella ne m’avait pas trahi : c’était la seule certitude qui me restait et je devais m’y accrocher.
Carlisle passait silencieusement par toutes les interrogations et dénégations qui m’avaient traversé l’esprit. Ses pensées suivirent tout d’abord le même chemin logique que les miennes : non, c’est impossible. Mais rapidement, parce qu’il était sans doute entrainé à se montrer attentif, par la pratique quotidienne de la médecine, à toutes manifestations inhabituelles, il prit très au sérieux la possibilité d’une grossesse.
Bien qu’il parlât doucement, j’entendis la suite de la conversation, sans pour autant réagir.
- Quand ont débuté tes dernières règles ? demanda mon père, retrouvant ses réflexes de scientifique.
- Seize jours avant le mariage.
- Comment te sens-tu ?
- Bizarre. Ca va vous sembler dingue, réussit à articuler Bella entre deux sanglots, je sais qu’il est trop tôt pour tout cela. Je suis peut-être dingue, d’ailleurs. Mais j’ai des rêves étranges, je mange et je pleure toute la journée, je vomis et… et…je vous jure que quelque chose vient de bouger dans mon ventre.
Les doutes de plus en plus minces de mon père m’alertèrent. Les pleurs de Bella eurent le mérite de ranimer enfin mes fonctions motrices. Je n’avais jamais supporté de la voir souffrir et une fois de plus j’étais responsable de ce qu’elle endurait. Je tendis la main vers le téléphone, que Bella me passa avec inquiétude en l’annonçant à Carlisle.
- C’est possible ? demandai-je dans un souffle.
- Edward, je n’ai pas de réponse. Je n’y ai jamais vraiment réfléchi car je ne connais aucun cas semblable. C’est un fait avéré que les femelles vampires sont stériles mais je n’ai jamais rien entendu sur les mâles. Pour la bonne raison qu’ils ne s’accouplent en général qu’avec une des leurs. Une femme ne survivrait pas à la frénésie sexuelle et sanguinaire d’un vampire… normalement…Mais vous… enfin…ton couple avec Bella est totalement improbable parce qu’il est construit sur un amour unique… alors on peut imaginer qu’effectivement, un vampire, figé comme toi à la fin de l’adolescence, a la capacité de féconder une humaine… Ce qui est plus inquiétant, c’est ce que peut… engendrer une union comme la vôtre. Les caractéristiques génétiques que tu as transmises sont celles d’un vampire, avec tout ce que cela signifie...
- Et Bella ?
Rien d’autre ne m’importait en fait que sa santé à elle : j’entourai sa taille pour la serrer contre moi, devinant que mes sombres appréhensions étaient loin d’être injustifiées.
- C’est précisément l’objet de mon inquiétude, répondit mon père. Bella m’a dit que son ventre bougeait et qu’elle éprouvait tous les malaises d’une grossesse avancée. Or, si j’ai bien compris - excuse-moi d’entrer ainsi dans ta vie privée, Edward - elle ne peut qu’être enceinte de quelques jours. Le fait que le … enfin que l’œuf se développe si vite est anormal. Ce n’est pas un enfant humain mais il grandit dans le ventre chaud et fragile d’une mère humaine. Le corps de Bella va subir des traumatismes qu’on ne peut pas prévoir et il n’est plus temps de la transformer. Il faut agir vite. Est-ce que tu me comprends, Edward ?
- Oui, d’accord.
Je ne comprenais que trop bien qu’il fallait se débarrasser sur le champ du monstre qui se développait dans les entrailles de Bella, un ennemi intérieur bien plus dangereux que ceux que nous avions eu à combattre jusqu’alors. Carlisle nous attendait pour mener cet avortement un peu spécial. J’appelai immédiatement pour réserver un vol de retour.
- Alors ? me demanda Bella.
- Carlisle pense que tu es enceinte, répondis-je en tâchant de cacher mon inquiétude alors que Bella semblait comblée par l’affreuse nouvelle.
-Qui appelles-tu ?
-L’aéroport. Nous rentrons à la maison.
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